Économie

Assemblée nationale : Mbaye Dione interpelle le gouvernement sur la stratégie de financement et la dette intérieure

À l’Assemblée nationale, le député Mbaye Dione a pris la parole pour revenir sur la situation économique du Sénégal. Entre satisfecit sur la gestion de la dette souveraine et préoccupations majeures concernant le financement des investissements, l’élu a demandé des réponses claires et structurées de la part du gouvernement.


Une gestion de la dette saluée, mais sous surveillance

Mbaye Dione a d’abord reconnu « l’audace » du gouvernement dans la gestion de la dette publique, qui atteindrait 132 % du PIB selon le Fonds monétaire international.

Il a félicité le Premier ministre Ousmane Sonko pour avoir privilégié une restructuration souveraine, estimant que cette orientation a permis d’éviter un défaut de paiement qui aurait gravement affecté la crédibilité du Sénégal sur les marchés internationaux.

Toutefois, derrière cette reconnaissance, le député a rappelé que la stabilisation de la dette ne saurait occulter les tensions qui persistent dans l’économie réelle.


Une économie locale sous pression

Abordant la situation des entreprises nationales, Mbaye Dione a décrit un contexte « difficile », notamment en ce qui concerne la dette intérieure. Il a alerté sur les retards de paiement qui fragilisent particulièrement les secteurs du BTP et de l’immobilier.

Pour illustrer son propos, il a évoqué des immeubles administratifs dont les loyers n’auraient pas été réglés depuis 36 mois, ainsi que le passif social laissé par certaines sociétés liquidées. Selon lui, ces situations contribuent à asphyxier le tissu économique local et à accentuer la vulnérabilité des acteurs nationaux.


Le débat clé : financer 2 803 milliards F CFA d’investissements

Le cœur de son intervention a porté sur la loi de finances, qui prévoit 2 803 milliards de francs CFA destinés aux investissements.

Rappelant une règle d’or des finances publiques — « On ne finance pas des investissements avec des ressources courtes » — le député a insisté sur la nécessité d’un financement structurant à long terme pour soutenir les infrastructures et les grands projets.

Selon lui :

  • les ressources courantes doivent couvrir salaires et fonctionnement ;
  • les investissements exigent des financements durables et adaptés.

Or, l’accès aux financements classiques — qu’il s’agisse de partenariats européens ou d’investissements directs étrangers — semble, d’après lui, plus complexe pour l’année 2026.


Les collectivités territoriales en première ligne

Au-delà des équilibres macroéconomiques, Mbaye Dione a attiré l’attention sur la situation des collectivités territoriales. Il a plaidé pour une meilleure dotation des communes, qu’il considère comme les premières confrontées aux difficultés sociales.

Selon lui, les mairies doivent répondre aux attentes des populations mais manquent cruellement de moyens pour assurer leurs missions essentielles. Sans renforcement budgétaire, les tensions locales risquent de s’accentuer.


Une interpellation stratégique

À travers son intervention, Mbaye Dione ne s’est pas limité à une critique. Il a posé une question stratégique : comment financer durablement le développement dans un contexte de contraintes budgétaires accrues et d’accès plus restreint aux financements extérieurs ?

Le débat ouvert à l’Assemblée nationale met ainsi en lumière l’équation complexe à laquelle le Sénégal est confronté : préserver la crédibilité financière du pays tout en soutenant l’investissement, l’emploi et la stabilité sociale.