Pascal Boniface : « Trois semaines sans être invité à la télé » — pourquoi les voix d’experts se font rares
Pascal Boniface, directeur de l’Institut de Relations Internationales et Stratégiques (IRIS), s’est étonné de ne pas avoir été sollicité par les chaînes de télévision pendant trois semaines consécutives. Habitué des plateaux pour commenter l’actualité internationale, il déplore cette mise à l’écart temporaire et interpelle les médias sur la nécessité de diversifier les voix invitées.
Selon Boniface, l’exclusion d’experts reconnus s’explique parfois par des logiques éditoriales orientées vers l’audience ou par la recherche de controverses plutôt que d’analyses approfondies. Cette tendance nuit à la qualité du débat public : les téléspectateurs perdent l’accès à des éclairages fondés et documentés qui aident à comprendre les enjeux géopolitiques, économiques et sécuritaires.
Pour rétablir un meilleur équilibre, il propose plusieurs pistes : élargir le vivier d’intervenants, instaurer des critères transparents de sélection, alterner spécialistes et témoins et valoriser les formats longs permettant des approfondissements. Il appelle également les rédactions à résister à la pression du sensationnalisme et à privilégier l’expertise pour informer correctement les citoyens.
Cette prise de position soulève une question importante pour les médias : comment concilier audience et responsabilité informative ? La solution pourrait passer par une programmation plus réfléchie, une rotation systématique des experts et une meilleure représentation des institutions académiques et des think tanks dans les débats télévisés.
En attendant, Boniface rappelle l’importance de conserver une pluralité de points de vue dans l’espace médiatique pour assurer une démocratie plus éclairée et résistante aux simplifications et aux polarisations.
